L’agriculture sans eau ?

Les trois panneaux ci-dessous -réalisés pour la fête de la Fraise 2006 à Marcoussis- présentent une nouvelle technique culturale beaucoup moins consommatrice d’eau : le Bois Raméal Fragmenté (BRF). Une gestion raisonnée de de l’eau, mais aussi des déchets verts, est en effet un élément incontournable de toute stratégie de développement durable et de maintien de la biodiversité...

Elea Asselineau a souhaité s’établir à Marcoussis afin de tester une technique innovante en maraîchage : la techique du ‘‘BRF’’ : il s’agit d’une méthode d’origine québécoise pour régénérer et remettre en état des sols par l’utilisation des rameaux verts d’ essences feuillus, qui sont fragmentés, broyés puis épandus et incorporés aux premiers centimètres du sol.
Ils proviennent des branches, brindilles et feuilles, riches en nutriments, sucres, protéines, celluloses et lignines : ces éléments ont tous un rôle précis et spécifique dans la constitution et le maintien des sols fertiles. Ce processus naturel, accentué par l’homme, s’appelle ‘‘aggradation des sols’’. Cette technique bouleverse les idées que l’on se fait de l’agriculture : travail, labour, irrigation, traitements sanitaires des sols.... Avec le BRF c’est le sol qui travaille à la place de l’agriculteur !

Voici les principales qualités de cette méthode :

réduction des besoins en eau : grâce à la capacité de rétention d’eau de l’humus formé (jusque 20 fois son poids) et à la capacité d’accumulation et de gestion de l’eau par les organismes du sol. Cela permet d’allonger la période de culture lorsqu’une saison humide est suivie d’une saison sèche. La formation de l’humus est bien visible par la couleur du sol qui devient plus sombre (brunissement).

meilleure résistance des plantes au froid et à la sécheresse


accroissement des rendements : jusqu’à 1 000 % dans certains cas (aubergine), en culture maraîchère, au Sénégal, 180 % sur la tomate amère ; 290 % sur les fraises au Canada, 175 % sur les céréales, 260 % sur une prairie. Les rendements augmentent dès la première culture, mais sont maximums la deuxième année, pour revenir enfin au niveau de départ après 5 ans (ce qui impose un apport régulier de BRF pour maintenir un niveau de production intéressant).

amélioration de la qualité des produits : par une augmentation de la matière sèche (plus 30 % sur la pomme de terre au Canada)

réduction des nuisances dues à certains parasites et maladies : par exemple la disparition des problèmes liés aux nématodes en Afrique, on a aussi observé une protection systémique des fraises contre les pucerons.

réduction des pertes de nutriments par lessivage, car la cohésion des particules du sol est meilleure (structure grumeleuse)

frein efficace contre l’érosion des sols, puisque la technique permet de renforcer la structure et les propriétés physiques du sol

correction du pH du sol vers la neutralité

modification importante de la flore adventice et de son agressivité

augmentation de la biodiversité du sol = vie du sol intense (non visible à l’oeil nu mais facilement mesurable)

meilleure capacité de chélation du fer réduisant les possibilités d’intoxication du sol par le fer ainsi que les blocages d’autres minéraux

épandage direct du BRF nettement moins coûteux que son compostage, et profitable durant plusieurs années pour le cultivateur.

un partenariat pratique pour tout le monde : les broyats à incorporer ne sont pas des copeaux, ni de la sciure, ni des déchets de menuiserie : il s’agit de bois VIVANT, c’est à dire encore en sève, que l’on va prélever sur les arbres en les taillant, ou tout simplement en entretenant les haies ou les arbres fruitiers. C’est d’ailleurs ce que chacun fait en s’occupant de son jardin, et particulièrement en périurbain, où pavillons et jardins privés abondent...


Toutefois, ce procédé n’ayant jamais été testé ici, le Triangle Vert a décidé de mener une expérimentation croisée, avec un suivi scientifique de l’INRA, afin de servir de référence et de déterminer précisément les avantages du BRF :

parcelles en maraîchage (fraises et petits fruits), avec Elea Asselineau et les Potagers de Marcoussis

parcelle en grande culture (orge) avec Didier Skura à Nozay

espaces verts avec les services municipaux de Marcoussis


L’ambition de ce projet est de parvenir à collecter les résidus de taille des entreprises de jardinage, de paysage, des utilisateurs des bois privés, des collectivités du secteur... Plus besoin, alors, pour chacun, de broyer ni de payer pour mettre en décharge ces déchets végétaux. Ils seront collectés à la source, ou on pourra venir les déposer dans un lieu (qui reste à définir), où ils seront entreposés dans l’attente du broyage. Par ce biais, le Triangle Vert espère mettre fin aux dépôts -sauvages ou non- de déchets verts qui jonchent son territoire, et forment souvent des buttes de plusieurs mètres de haut, qui ne contribuent pas à la valorisation du paysage et des activités agricoles...


Les différentes étapes de la mise en œuvre de ce projet particulier :

détermination du foncier qui sera utilisé (parcelles témoins et parcelles test)

montage de la filière BRF : approvisionnement, lieu de stockage, achat du broyeur, définition des lieux d’épandage

montage du partenariat avec l’INRA

mise en œuvre, sur trois ans









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Adresse

Le Triangle Vert
des Villes Maraîchères du Hurepoix
5 Rue Alfred Dubois
91460 Marcoussis
tel: 01 64 49 69 79
courriel: trianglevert@gmail.com

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