Constitution d’une trame verte et bleue intercommunale

La préservation des terres agricoles est la première étape de la constitution de la trame verte et bleue à l’échelle du territoire du Triangle Vert. Une réelle collaboration entre communes, structures partenaires, et une cohérence des politiques et des actions de chacune, est indispensable à la réalisation de l’étape suivante : la mise en œuvre d’un véritable maillage intercommunal, mettant en réseau tous les ’’espaces de nature’’. : agricoles, forestiers, aquatiques... C’est cette trame qui doit servir de base pour penser les développements urbains futurs.

Une armature pour développer durablement le territoire

Dans sa logique d’une nécessaire ’’ inversion du regard ’’ (’’ regarder la ville ’’ depuis l’espace agricole), le Triangle Vert pousse plus loin l’idée de ’’ trame verte et bleue ’’ vue sous le seul angle des continuités écologiques, pour aller jusqu’à celle d’une ’’ armature verte et bleue ’’ comme nouvel élément d’aménagement du territoire. Il s’agit de déterminer d’abord, à l’échelle intercommunale, les espaces dont l’agriculture a besoin pour être pérenne, ceux dont la faune et la flore ont besoin pour que la biodiversité ne s’appauvrisse pas, ceux (souvent les mêmes, en périurbain) dont les habitants ont besoin pour se récréer... et penser ensuite le développement urbain dans les espaces restants, c’est-à-dire en favorisant au maximum le renouvellement de la ville sur elle-même, en densifiant le tissu urbain existant, en évitant tout étalement inutile. Pour prendre tout son sens, cette armature verte doit donc être une véritable mise en réseau de tous les espaces agricoles, naturels, et aquatiques, servant de base de départ pour penser les développements urbains futurs. Tous ces espaces sont en effet complémentaires, d’un point de vue paysager, biodiversitaire, récréatif et fonctionnel. Cela doit être compris et reconnu à l’échelle du Triangle Vert par tous les acteurs qui y interviennent, pour développer durablement le territoire.

Cette approche est donc sous-jacente dans les réflexions en cours avec la Communauté d’Agglomération Europ’Essonne, dont toutes les communes du Triangle Vert font partie depuis le 1er janvier 2013. Suite à l’étude réalisée par notre stagiaire sur les vergers en 2011, un groupe de travail (réunissant la commune, Europ’Essonne, l’AEV, le CG91, les ENS et le Triangle Vert, ainsi qu’Antoine Quenardel, paysagiste auteur d’un mémoire sur les espaces jardinés de ce secteur*), réfléchit au devenir de ces espaces, à leur possible mise en valeur prenant en compte leur rôle paysager, biodiversitaire, économique/productif, récréatif etc. La possibilité de recomposer des parcelles pouvant accueillir des vergers de production (en complément d’une activité maraîchère, ou pour une installation en arboriculture) fait partie des pistes envisagées, à poursuivre sur 2013.

Réintroduire des haies ?

Une autre étude, conduite en 2012-13 par des élèves ingénieures de l’Institut AgroParisTech, à la demande de la mairie de Nozay, se penche sur une possible introduction de haies dans l’espace agricole. L’étude doit, à partir d’une analyse historique et géographique du territoire, montrer les différents rôles que pourraient jouer ces haies sur le plateau, sans nuire à l’exploitation des terres, mais en structurant l’armature agricole et en favorisant les échanges écologiques. Un sujet auquel l’agriculteur principal de Nozay est réceptif, lui qui, plusieurs années de suite, a mis en place des jachères fleuries sur ses parcelles (dispositif accompagné à l’époque par le CG91 et la FICEVY), a permis l’installation de ruches sur une de ces parcelles, et réfléchit aujourd’hui aux auxiliaires de culture, puisqu’il a converti son exploitation à l’agriculture biologique.

Un réseau hydrographique à valoriser

Intimement liée à l’activité agricole, l’eau est très présente sur Le territoire du Triangle Vert, qui se trouve à cheval sur deux bassins versants : ceux des rivières de la Salmouille et de l’Yvette, affluents de l’Orge. De nombreuses rivières, ruisseaux et rus jalonnent l’espace agricole et traversent les villages, descendant des coteaux boisés de Marcoussis, de Saulx-les-Chartreux et du plateau de Nozay : le Rouillon, le Mort Ru, le Ruisseau Blanc, le ru des Paradis, le Chauffour, l’Amoyard, le ru des Bouillons etc. Des mares et zones humides ponctuent le territoire, auxquels s’ajoutent les bassins artificiels et les fossés collectant les eaux de pluie.

Ce réseau hydrographique, dense et diversifié, est bordé de loin en loin par de la végétation aimant l’eau. Ces ripisylves contribuent à révéler la présence de l’eau dans le paysage, mais à certains endroits elles ont disparu, ou, à l’inverse, le développement de la friche a rendu ces espaces aquatiques totalement inaccessibles, ne serait-ce que par le regard...

Le Triangle Vert développe notamment des partenariats avec les deux syndicats en charge de la gestion des eaux sur son territoire : le SIAHVY (Syndicat Intercommunal pour l’Aménagement Hydraulique de la Vallée de l’Yvette) et le SIVOA (Syndicat mIxte de la Vallée de l’Orge Aval). Différents objectifs sont poursuivis, tels que la revalorisation des paysages de l’eau, l’ouverture d’espaces à la promenade, la maîtrise des ruissellements mais aussi la réduction de l’impact des ouvrages de gestion des eaux sur l’activité agricole, etc.. Leur réalisation passe par des actions comme la renaturation des berges des cours d’eau, l’acquisition de foncier, la mise en place de techniques alternatives, et bien sûr la concertation, y compris sur le terrain avec les agriculteurs. Le Triangle Vert participe aux réunions en amont, pour rappeler le rôle et le fonctionnement de l’agriculture, apporter des connaissances sur les exploitations concernées par d’éventuels projets et aménagements, encourager le recours à des techniques alternatives de gestion des eaux, de moindre impact pour l’activité agricole, et organiser des rencontres de travail sur le terrain avec les exploitants lorsque cela est nécessaire. L’association est ensuite conviée à participer aux réunions de suivi des actions réalisées par les partenaires. Ce fût surtout le cas dans les premières années d’existence de l’association, lorsque les syndicats de bassin ont lancé des études portant sur chacun des cours d’eau du territoire. Le Triangle Vert a signé, le 8 décembre 2011, le Contrat de bassin de l’Yvette, en tant que partenaire du SIAHVY.

Concernant les espaces boisés, ils sont parfois propriétés publiques, ou privées. La tendance est à l’acquisition publique, pour préserver ces espaces écologiquement riches, tout en les aménageant pour les ouvrir au public, et maintenir entre eux des liaisons visuelles, écologiques et fonctionnelles. Cette action est menée par l’Agence des Espaces Verts (procédure en cours sur le coteau sud de Marcoussis, dans le cadre d’une Déclaration d’Utilité Publique), et du Conseil Général, via le Conservatoire des Espaces Naturels Sensibles (extension du massif du Rocher de Saulx par exemple).

* étude téléchargeable sur la page dédiée

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1er juillet 2017
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Adresse

Le Triangle Vert
des Villes Maraîchères du Hurepoix
5 Rue Alfred Dubois
91460 Marcoussis
tel: 01 64 49 69 79
courriel: trianglevert@gmail.com

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