L’identité agricole du territoire

Des témoins de l’histoire agricole du territoire

La trame parcellaire et l’histoire agraire du territoire

Dès le début du 19ème siècle, des bois de Marcoussis sont défrichés, les prés labourés, un étang comblé pour être mis en culture de primeurs ; plus tard, des vergers ont été plantés, renouvelant ceux dédiés à la production de cidre, consubstantiels des grandes exploitations.

Toute la région, de Lozère à Marcoussis, a plus tard connu la célébrité pour ses produits maraîchers, dont la fraise, qui constitue à elle seule un produit identitaire de la région étudiée (elle a disparu après 1970). L’ouverture de l’Arpajonnais (ligne de chemin de fer arrivant aux Halles de Paris) a marqué l’apogée de ce maraîchage. Il apportait en retour les fumiers des chevaux parisiens et les ordures et gadoues urbaines, employées pour gérer la fertilité des champs.

La régression du maraîchage a commencé bien avant guerre, dès que le réseau
national de chemin de fer a permis que des régions au climat plus favorable concurrencent la production locale. Ces régions, Bretagne, Provence et Roussillon entre autres, ont ainsi construit leur réputation de qualité. La régression s’est accélérée avec les changements d‘échelle spatiale de l’approvisionnement de la région parisienne, nationale dans les années 50, puis européenne et au-delà à partir des années 70.

Le terroir maraîcher est fait de petites parcelles à la fois du fait de la petite propriété (plus de 250 familles au début du 20ème siècle à Marcoussis ou à Saulx-les-Chartreux), de la nature du marché et de l’exploitation par les maraîchers de petites variations micro-climatiques et pédologiques dans l’expression de la précocité. Il est parcouru de nombreux chemins
d’exploitation.

La grande culture est la forme historique de l’agriculture des plateaux franciliens (les fameux greniers de Paris) depuis la fin du 17ème siècle, ainsi que des larges vallées comme celle de Beauvert. Autour des grands corps de ferme se déployaient les champs, depuis toujours dépourvus de haies (elles ne sont présentent qu’en milieu d’élevage). Les parcelles étaient déjà vastes, à la
mesure de l’unité élémentaire d’organisation du travail, l’attelage (deux hommes, deux chevaux et leur matériel de travail du sol), qui cultivait environ 25 ha chaque année ; la dimension de la ferme pouvait se mesurer au nombre de ces attelages. L’exploitation comportait de vastes bâtiments destinés au stockage des récoltes céréalières : récoltées et conservées en gerbes, elles étaient battues en hiver.

Ces exploitations se sont étendues par concentration ; il s’y ajoute celles qui sont nées d’une stratégie d’agrandissement d’exploitations maraîchères par reprise des terres libérées par le retrait récent du maraîchage. Cela a permis la reprise des terres issues du maraîchage, sauf difficulté trop grande de réaménagement.

L’organisation des villages

En vallée, les parties anciennes des bourgs présentent un habitat et un plan urbain marqués par le maraîchage, qui s’est développé tout au long du 19ème siècle, quand les zones maraîchères proches du centre ancien de Paris sont devenues urbanisées.
Cet habitat répond à deux modèles urbains :
• Il est bien groupé autour du centre de village (remarquable à Saulx-les-Chartreux et Marcoussis), sauf à donner lieu à des hameaux en périphérie (Villebon, Marcoussis) ;
• Il se développe en village-rue le long des routes (Marcoussis, Villebon, Champlan, Lozère).
Le plan urbain contemporain de ces bourgs et villages reproduit souvent fidèlement l’ancien réseau des chemins ruraux ; les rues sont étroites, avec une grande variété de tracés appuyés sur les micro-reliefs et les droits fonciers. La ligne droite y est rare.

Le bâti agricole

Très visible partout, il relève de deux types principaux, rapportés aux deux grands systèmes de production, maraîcher ou céréalier ; tous deux se caractérisent par la disposition du bâti autour d’une cour sur laquelle donne les bâtiments techniques.

Le bâti maraîcher présente une cour de taille relativement modeste ; outre la maison d’habitation, il y a les bâtiments techniques : grange, écurie, hangar, remise à matériel. La maison d’habitation présente sa façade soit sur rue, soit sur cour (le mur pignon donne alors sur rue), dont l’ouverture par un haut porche à linteau de bois rompt la continuité de la rue rompue. En arrière, certaines ensembles s’ouvraient sur un jardin ; les installations de nettoyage et parage des légumes (lavoir à légumes) impliquaient la disponibilité de l’eau (ru ou fontaine).

Le bâti des grandes cultures est visible sur le plateau, mais aussi dans les parties larges de vallée les plus éloignées des pôles urbains : c’est la grande ferme céréalière d’Île-de-France, aux grands et hauts bâtiments disposés autour d’une cour beaucoup plus vaste que la cour maraîchère. Certaines sont très visibles au milieu des champs, encore agricoles (ferme du Déluge à Marcoussis) ou en évolution d’usage (la ferme de Villarceau à Nozay abrite un commerce de plantes). D’autres ont été réutilisées (Lunézy), voire transformées si elles se
trouvent incorporées au milieu du bâti nouveau, à Nozay et à Villejust.

L’ancienne ligne de l’Arpajonnais

Sur une photo aérienne, on voit nettement une large courbe à travers la plaine de Saulx : c’est l’ancienne ligne de chemin de fer de l’Arpajonnais. A la demande des communes (qui l’ont financé), ce tramway reliait, entre 1894 et 1937, Arpajon aux Halles de Paris, où étaient acheminés et vendus les produits maraîchers locaux. La ligne assurait aussi un service voyageurs dans l’autre sens, qui a permis le développement du tourisme rural et de la villégiature dans cette petite région maraîchère. En 1h10 les Parisiens étaient à la campagne, et venaient assister aux nombreuses foires agricoles de la région (tomate, fraise, haricot...). Au bout du tracé à Saulx, aujourd’hui chemin rural, l’ancienne gare existe encore ; elle est occupée par les services techniques municipaux.

La courbe de l'Arpajonnais

ancienne gare Saulx {JPEG}
(tirée du livre "Ballade dans Saulx du temps jadis" édité par la mairie de Saulx et en vente au prix de 15 € au service vie associative et culturelle auprès de Mme Cécile LAUNAY Tél. : 01 69 74 11 56)


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Adresse

Le Triangle Vert
des Villes Maraîchères du Hurepoix
5 Rue Alfred Dubois
91460 Marcoussis
tel: 01 64 49 69 79
courriel: trianglevert@gmail.com

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